Un label pour la qualité de l’air intérieur des maisons

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Le label INTAIRIEUR® est désormais proposé aux constructeurs de maisons individuelles. Ce dernier passe au crible aussi bien l’environnement de la maison que l’utilisation des produits de construction ou la ventilation mécanique contrôlée (VMC).

 

Les Français sont de plus en plus sensibles à la qualité de l’air intérieur de leur logement, huit fois plus pollué que l'air extérieur ! Et certains constructeurs de maisons l’ont bien compris en proposant à leurs acquéreurs des filtrations plus performantes pour bénéficier d’un air de meilleure qualité. Mais les professionnels pourront aller plus loin en obtenant le label INTAIRIEUR®, créé par Immolab, filiale du groupe Polyexpert, qui était jusqu’à présent réservé aux logements collectifs. « L’objectif de ce label est de limiter l’entrée des polluants dans la maison et d’assurer une ventilation efficace pour dissoudre les polluants résiduels », explique Cécile Le Berre, directrice des opérations chez Immolab.

L’environnement analysé. Le référentiel de ce label contenant une cinquantaine de critères passe en revue la conception du projet, les travaux de construction et la réception de la maison. Une analyse du site permettra d'identifier les sources éventuelles de pollution de l’environnement : trafic routier, traitements chimiques sur des champs situés à proximité, présence de radon dans le sol…

Traiter la pollution. Des solutions devront être alors mises en place pour traiter ces pollutions. Des haies végétales suffisamment hautes pourront être plantées pour empêcher la dispersion des produits chimiques agricoles sur la maison. « Il est aussi possible de travailler sur l’orientation de la maison en évitant de positionner des ouvrants sur les façades exposées aux vents dominants », détaille Cécile Le Berre. Tous les matériaux au contact de l’air intérieur seront, eux aussi, passés à la loupe. Les produits de construction comme le carrelage, les peintures, le PVC, devront arborer l’étiquette A+ qui garantit une faible émission de polluants.

La VMC contrôlée sur le papier. La ventilation mécanique contrôlée (VMC) qui assure le renouvellement de l’air intérieur en évacuant l’air intérieur vicié sera examinée. L’air pollué est en effet extrait par des bouches situées dans les pièces humides (cuisine, salle-de-bains, toilettes) avant d’être évacué via des gaines par la toiture. Le bon positionnement du moteur d’extraction dans les combles et celui des bouches d’extraction sera vérifié sur le plan du constructeur. Des gaines semi-rigides devront être employées pour l’installation de cet équipement. Ces produits, contrairement aux gaines souples souvent choisies, sont parfaitement étanches à l’air et ne peuvent pas être écrasées ou percées accidentellement.

Assurer le confort d’été. Le confort d’été devra être assuré en évitant les phénomènes de surchauffe qui dégradent la qualité de l’air intérieur. Sous l’effet de la chaleur, les matériaux dégagent davantage de polluants dans l’air ambiant. Les constructeurs devront proposer des protections solaires comme des brise-soleil et non se limiter aux volets roulants. A noter que la réglementation environnementale, la RE 2020, qui s’appliquera le 1er janvier 2022 aux permis de construire, définira pour chaque maison un confort d’été, exprimé en Degré Heure (DH). Des actions correctives devront être apportées par le constructeur selon le nombre de DH atteint par le projet du particulier. 

Les bons gestes. Les bonnes pratiques devront être aussi adoptées lors du chantier par les sous-traitants du constructeur. Il faut par exemple éviter de découper des matériaux à l’intérieur de la maison, stocker les matériaux dehors qui pourraient se charger en humidité avec à la clé un risque de développement de moisissures dans l’habitat.

La VMC inspectée. Lors de la réception, des mesures du débit d’air des bouches de la VMC seront également réalisées ainsi qu’un contrôle visuel des combles afin de vérifier le bon fonctionnement de cette installation. Ce dernier est d’ailleurs prévu par la RE 2020, une réclamation portée de longue date par les industriels de la ventilation. La maison labellisée, l’acquéreur recevra un livret recensant les bonnes pratiques comme la nécessité d’entretenir ses équipements comme la VMC, l’aération des pièces. La pollution de l’air générée par la fumée de cigarette, l’utilisation de produits ménagers sera aussi rappelée. Un détecteur de polluants sera installé dans la pièce principale pour faciliter le contrôle de la qualité de l’air intérieur et permettre au propriétaire d’agir en cas de dégradation.

Un air de qualité sans surcoût
Une maison labellisée INTAIRIEUR ® serait-elle plus chère qu'une maison qui ne le serait pas ? « Il n'y a pas de surcoût. Le marché propose actuellement un large choix de matériaux ce qui n'était pas le cas il y a quatre ans », Cécile Le Berre, directrice des opérations chez Immolab qui souhaite que la problématique de la qualité de l'air intérieur soit intégrée très en amont du projet du client pour améliorer son confort.