Sols argileux : attention danger !

L'été 2019 va accentuer le risque argileux un peu partout en France. Depuis novembre 2018, la loi impose une étude de sol préalable lors de la vente d'un terrain. De quoi éviter de gros soucis.

L'été 2019 risque de coûter cher aux assurances ! La sécheresse qui sévit un peu partout sur l'Hexagone depuis plusieurs mois va accentuer le risque argileux qui, rappelons-le, est la première cause de sinistralité dans la construction. Ce phénomène, qui s’amplifie d'années en années avec le changement climatique, représente 38 % des coûts d’indemnisation du dispositif Cat Nat (catastrophes naturelles) après les inondations. Depuis novembre 2018, une étude de sol est obligatoire dans les secteurs déclarés à risque. Une loi qui clarifie les responsabilités du vendeur du terrain et du constructeur.

Une roche à risque. En construisant sur de l'argile, qui est une roche meuble, la maison repose sur un substrat qui évolue au fil des saisons. L'argile a la particularité de se rétracter pendant les périodes de sécheresse (l'été) avec de larges fentes de retraits en surface et gonfle pendant les périodes humides. Cette alternance de tassements et de soulèvements provoque des dégâts dans les murs. Les apparents vont de la simple fissure sans grandes conséquences à la lézarde d'une largeur de 30 à 40 mm. Mais ces mouvements saisonniers peuvent affecter les fondations et mettre en péril la maison.

Dilatation, rétractation. Une sécheresse prolongée entraîne une forte évaporation d'eau entre la surface et le banc argileux sur une profondeur pouvant atteindre de 2 à 4 m. Ce phénomène naturel provoque alors une importante diminution du volume du sol argileux qui se traduit par un retrait pouvant atteindre une dizaine de centimètres ! La maison n'y résiste pas et se fend.

Un coût énorme pour les assurances. Le coût global de la sécheresse a été estimé à 11 milliards d’euros à la mi-2018. Ce qui représente un tiers du total des indemnités versées par le régime Cat Nat (catastrophe naturelle) depuis sa mise en place. Selon un récent rapport de la sénatrice Nicole Bonnefoy, le coût moyen d’un sinistre sécheresse est estimé à 25 500 €, soit trois fois supérieur à celui des inondations. C'est le plus élevé des garanties dommage.

Quelles adaptations ? Les adaptations des fondations engendrent des surcoûts non négligeables. L'objectif est de faire reposer la maison sur une formation stable qui n'évolue pas. Selon les cas, l'ancrage minimal en zone d'aléa fort sera de1,20 m et de 0,80 m en zone d’aléa moyen. Les fondations seront continues, armées et bétonnées. La structure devra être rigidifiée avec des chaînages verticaux et horizontaux. Il faudra aussi limiter l'évaporation du sol près des maisons en prévoyant des géomembranes. Enfin un système de drainage périphérique sera préconisé. Des frais qu'il vaut mieux connaître précisément avant de se lancer.

Combien ça coûte ? On estime que le prix des fondations d’une maison est compris entre 100 et 200 € /m3, fournitures et pose comprises. En revanche les prix s'envolent en présence d'argile. Il faut d’abord prévoir la machine de forage pour un coût avoisinant les 2.000 €. Ensuite, pour des fondations semi profondes, il faut compter entre 150 et 500 €/m3. Et entre 500 et 1 000 €/m3 lorsqu'il faut forer profondément pour rechercher une formation géologique stable. Le nombre de ces pieux sera défini selon l’étude de sol.

Une étude de sol obligatoire. Depuis la loi Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique (Elan) publiée le 24 novembre 2018, applicable à partir du 1er janvier 2020, une étude de sol préalable est obligatoire. Son article 68 fixe les obligations des vendeurs de terrains et des constructeurs. Un premier décret définit les modalités d’application de la réglementation relative à la prévention des risques de mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux. Un second définit les techniques particulières de construction pour s'adapter à ce risque.

Où se renseigner ?
- Mairie du lieu de résidence, Préfecture et services de la direction départementale de l’équipement du département
- www.georisques.gouv.fr/dossiers/argiles

Que dit la loi ?
Lorsqu'un zonage défini par arrêté préfectoral identifie les secteurs à risque moyen et fort, une étude de sol préalable avant la construction de la maison est obligatoire. Le propriétaire qui vend le terrain est tenu de réaliser l'étude géotechnique et de fournir les résultats du bureau d'étude à l'acheteur qui connaît ainsi précisément la nature du sous-sol et le risque encouru. Le constructeur de son côté adaptera le projet en fonction de la nature du sous-sol. Tout le monde y gagne.
Deux études obligatoires seront réalisées. La première fournie par le vendeur du terrain dite « étude géotechnique préalable » identifie le risque géotechnique du terrain et définit les principes généraux d'adaptation de la maison. La seconde étude appelée « étude géotechnique de conception » prend en compte l'implantation et les caractéristiques de la maison. Le constructeur va se baser sur l'étude précédente et préciser les adaptations géotechniques nécessaires (notamment le type de fondations) pour prévenir le risque de mouvement de terrain différentiel.

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