Prêt à taux zéro : pas de changement avant 2023

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Bonne nouvelle pour les primo-accédants : contrairement à ce qui était prévu, le Prêt à taux zéro est prorogé sous sa forme actuelle jusqu’au 31 décembre 2023.

Par la voix d’Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement, le gouvernement vient d’annoncer la prorogation du Prêt à taux zéro jusqu’au 31 décembre 2023 alors qu'il devait initialement s'éteindre fin 2022. Autre bonne nouvelle : les revenus à prendre en compte pour en profiter ne seront pas calculés en temps réel, comme le gouvernement l'avait un temps envisagé.« Cette réforme est très complexe à mener et donc on ne la fera pas au 1er janvier 2022 », reconnaît Emmanuelle Wargon. « La prolongation d’une année du Prêt à Taux Zéro constitue une bonne nouvelle pour les ménages et pour les acteurs du logement neuf » se réjouit Grégory Monod, président du Pôle Habitat de la fédération française du bâtiment. « En cette période de hausse des prix, mais également de durcissement des conditions de crédit par le Haut Conseil de stabilité financière, il est essentiel que les primo-accédants puissent encore bénéficier d’un coup de pouce », ajoute Julie Bachet, directrice générale du courtier Vousfinancer.

Le PTZ, c’est quoi ? Le PTZ (Prêt à taux zéro) est un prêt sans intérêts à payer (il est donc gratuit) mis en place par l’État. Il est accordé sous certaines conditions : ressources, coût de l’opération, composition de la famille… aux personnes qui souhaitent devenir propriétaires de leur résidence principale pour la première fois. Il permet de financer 40 % du coût total de l’opération dans les grandes métropoles (zones A et B1 du dispositif) et 20% dans les villes moyennes et les secteurs ruraux (zones B2 et C). Les montants s’inscrivent dans une limite de plafonds fixés selon les zones géographiques, le nombre de personnes destinées à l’occuper et les revenus du foyer. Le montant du PTZ ne peut excéder celui des autres prêts de financement s’étalant au-delà de deux ans.

Projet de réforme. Le gouvernement comptait réformer le PTZ l'an prochain. Comme pour les APL, le montant total des ressources pour l'obtenir devait être apprécié à la date d'émission de l'offre de prêt. Autrement dit, le calcul devait se faire en temps réel et non plus sur les revenus perçus deux ans auparavant (N-2) pour être, comme expliquait il y a un an le gouvernement, plus en phase avec le revenu des demandeurs.

Conditions inchangées. Le PTZ 2022 ne changera donc pas. Lors de sa demande de prêt, l’emprunteur devra fournir à l’établissement prêteur l’ensemble de ses avis d’imposition. Le montant des ressources pris en compte correspond à la somme des revenus fiscaux de l’ensemble des personnes destinées à occuper le logement à titre de résidence principale sur l'année N-2 (ceux de 2020 pour une demande faite en 2022). Les plafonds de revenus et le montant du prêt ne bougent pas non plus.

Financement : quel est l’intérêt du PTZ ?

Avantage. Le PTZ, c’est un prêt gratuit qui vient compléter le crédit principal. Mais à l’heure où les taux des prêts immobiliers du secteur libre sont historiquement bas, ce coup de pouce est-il intéressant ? La réponse est oui : il vaut mieux emprunter à 0% qu’à 1 ou 1,5%... Mais si le dispositif est efficace, c’est surtout parce qu’il est assorti d’un différé. En clair : le PTZ se paie en tout ou partie après le crédit principal qu’il complète. Du coup, les remboursements peuvent rester plus facilement en dessous de 35% des revenus, le plafond fixé par le Haut conseil de stabilité financière (HCSF, le gendarme du crédit).

Calculs. Un exemple fourni par le courtier Vousfinancer. En zone C du dispositif, le PTZ compte pour 20% du projet, soit 40.000 € pour un projet de 200.000 €. Un couple qui gagne 2.750 € par mois va emprunter en parallèle 160.000 € sur 25 ans à 1,4%. Pour son PTZ, le différé d’amortissement est de de quinze ans. Résultat : sur toute la durée du prêt, sa mensualité se chiffre à 752 €, pour un taux moyen à 0,98%, un coût total de 25.582 et un taux d’endettement de 27%. Sans PTZ (emprunt de 200.000 € à 1,4% sur 25 ans), la mensualité monte à 790,50 €, le coût total à 37.153 €, le taux d’endettement à 28,7% des revenus…

Nous consacrons un grand dossier au PTZ. Pour connaître son fonctionnent et savoir si vous pouvez en bénéficier, il suffit de cliquer ici.