Maisons individuelles : reprise des ventes confirmée !

Après treize mois consécutifs de baisse, les ventes de maisons individuelles ont bondi de plus de 11 % entre mai et juillet. Redressement durable ou feu de paille ?

Les ventes de maisons neuves ont bondi de plus de 11 %, entre mai et juillet 2019 et de 5,8 % sur les six derniers mois selon l'indicateur Caron Marketing/LCA-FFB. « Après une année 2018 marquée par une remise en cause des aides au logement neuf, le marché de la maison neuve en secteur diffus s’est ressaisi », explique Grégory Monod, président de la LCA-FFB (Les constructeurs et aménageurs de la Fédération française du bâtiment).

Baisse des ventes en 2018. Il faut dire qu'en 2018, le secteur de la maison individuelle a subi de plein fouet le tour de vis sur les coups de pouce financiers. C'est d'abord l'Aide personnelle au logement (APL) Accession qui a été supprimée. Dans le même temps, le montant de Prêt à taux zéro (PTZ) a été réduit de moitié dans les villes moyennes et les secteurs ruraux (zones B2 et C des aides au logement). Un double coup de rabot qui a fait plonger les ventes de 11,2% entre 2017 et 2018.

Des taux historiquement bas. Le redressement spectaculaire de 2019 est d'abord dû aux conditions exceptionnelles de financement. Les taux immobiliers ont atteint des niveaux historiquement bas. La moyenne toutes durées confondues est tombée à 1,17% hors assurances en août 2019, contre 1,44% en août 2018 et 1,58% en août 2017 selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. De quoi redonner du pouvoir d'achat immobilier à de nombreux primo-accédants.

Des conditions de crédit moins strictes. Autre raison du rebond des ventes : les banques ont assoupli certains critères. Elles sont moins difficiles sur l'apport personnel, ce qui permet à des  jeunes qui n'ont pas beaucoup d'économies d'obtenir leur financement. Elles acceptent plus facilement d'allonger les durées de remboursement. 41,8% des prêts sont actuellement accordées sur plus de vingt-cinq ans, contre 34,8% il y a un an. Rappelons que l'allongement permet d'emprunter davantage pour une même mensualité et/ou de réduire cette même mensualité à montant emprunté équivalent.

Effet d'aubaine sur le PTZ. Dans les zones B2 et C, nombre de primo-accédants ont accéléré leur projet pour être certains de bénéficier du PTZ cette année. Car sur ces secteurs, ce crédit gratuit est programmé pour disparaître au 31 décembre prochain. Pour le moment, les organisations professionnelles (dont LCA-FFB) font feu de tout bois pour obtenir une prolongation du PTZ dans les villes moyennes et les secteurs ruraux. Mais rien n'est encore décidé. Il faudra attendre la présentation du projet de loi de finances pour 2020 (fin septembre prochain) et les débats au parlement qui suivront pour savoir si l'aide sera prolongée.

Un marché en croissance. Pour les prochains mois et si les conditions bancaires restent identiques, LCA-FFB prévoit une poursuite du redressement du marché. D'après cette organisation, la hausse des ventes devrait se situer cette année entre + 2 et + 5 % par rapport à 2018, soit entre 122.000 et 126.000 transactions contre 119.700 l'an dernier. Reste un risque : les règles prudentielles en matière de crédit immobilier (accords dits Bâle III et Bâle IV) vont imposer, dans les prochaines années, des conditions plus strictes sur l'apport personnel et la durée. Mais les banques ont semble-t-il commencé a anticiper cette nouvelle réglementation. Le nouveau paysage bancaire qui se dessine risque d'être moins favorable aux primo-accédants.

Publié par
© construiresamaison.com -