Maison saine : quelles priorités ?

Le monde de la construction peine à se mobiliser sur l’impact de la maison sur la santé des occupants. Les particuliers se sentent eux aussi peu concernés par cet enjeu.

Comment construire des maisons saines ? C’était l’une des questions sur laquelle constructeurs, architectes et universitaires ont planché lors du Healthy Building day, organisé par Velux à Bruxelles.

Le bâtiment à la traîne. Ditte Maria Kollerup, constructeur de maisons au Danemark, a livré un constat sans appel sur la mobilisation des professionnels : « Beaucoup d’entreprises ne s’intéressent pas à la maison saine ». Il est vrai qu’en France comme au Danemark, ce concept est loin d’être une priorité pour les constructeurs, à l’exception de certains acteurs comme Trecobat, IGC et de quelques acteurs de la maison bois. Cette préoccupation est d’ailleurs d’autant moins aigüe que la réglementation qui s’impose aux professionnels ignore l’impact de la maison sur la santé des occupants. Ces textes réglementaires se focalisant sur les économies d’énergie depuis 1974, année du choc pétrolier où le prix du baril s’était envolé !

Méconnaissance des particuliers. Et il ne faut pas compter non plus sur les acquéreurs pour faire changer les choses ! Les particuliers n’ont en effet pas conscience de la mauvaise qualité de l’air intérieur qu’ils respirent. 90% estimant que ce dernier est de qualité alors qu’il est en fait huit fois plus pollué que l’air extérieur. « Il faut expliquer, informer pour créer une vague d’intérêt pour l’habitat sain », a exhorté Joannes Schwörere, constructeur de maisons en Allemagne.

L’Europe au secours de la santé ? Certains participants ont aussi suggéré la création d’une nouvelle norme européenne dédiée aux maisons saines. Cet objectif permettrait de faire progresser tous les pays européens, certains n’avançant pas à la même vitesse que d’autres. Encore faudrait-il prévoir également les outils pour vérifier le niveau de salubrité atteint ! Ce qui n’est pas le point fort des pays qui rechignent le plus souvent à affecter les moyens humains nécessaires au contrôle. Et pourquoi ne pas instaurer une étiquette de la maison saine comme l’a suggéré un intervenant dans la salle ? A l’image des appareils électroménagers dont la consommation énergétique est évaluée par des lettres, l’acquéreur pourrait identifier l’impact de sa maison sur sa santé… Un classement qui constituerait à coup sûr un véritable électrochoc pour la profession qui ne pourrait plus ignorer l’impact sanitaire de la maison sur ses occupants !

La maison saine existe déjà
La maison saine n’est pas un rêve ! Certains constructeurs utilisent par exemple des plaques de plâtre dépolluantes pour le plafond afin de piéger les composés organo volatils (COV). Certaines peintures ont aussi cette faculté à purifier l’air intérieur. Quelques constructeurs songent aussi à doter les maisons de capteurs de CO2 qui déclencheront en cas de forte concentration dans l’air l’ouverture des fenêtres pour évacuer ces polluants. Le débit de la ventilation sera aussi augmenté pour extraire cet air vicié. Des constructeurs bois sont aussi vigilants sur l’emploi de matériaux de construction comme des blocs de béton cellulaire qui ne dégagent aucun COV…

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