Maison : comment tenir compte de la hausse des prix

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Le coût des matériaux et des énergies flambe, ce qui impacte le prix des maisons neuves. En même temps, les taux d’intérêt remontent. Heureusement, de nombreuses solutions vous permettent de faire face. Nos conseils.

La guerre en Ukraine accélère la hausse du coût de l’énergie et des matières premières. L’acier, le béton, la brique, les isolants, le bois, mais aussi les équipements de chauffage et même les prestations comme le carrelage et le parquet voient leur prix grimper. Les particuliers sont également concernés dans leurs dépenses du quotidien avec la flambée de l’essence et de nombreux produits alimentaires. Ces deux tendances ont évidemment un impact financier, en termes de financement comme de paiement de la maison. D'autant qu'en même temps, les taux des prêts immobiliers repartent à la hausse. Heureusement, toute une série de solutions vous permettent de faire face et peuvent faciliter votre projet. Nos conseils.

Préparez-vous. Première démarche : vérifiez votre finançabilité. Rendez-visite à votre banque ou à un courtier en crédit immobilier pour savoir si vous cadrez avec les critères d’octroi des prêts immobiliers. Surveillez plus particulièrement votre reste à vivre (la somme qu’il vous reste une fois votre échéance de prêt payée). Il doit être suffisant pour faire fonctionner votre budget sans déstabiliser vos remboursements de prêt. Il compte le plus souvent pour 1.500 € pour un couple, plus 300 à 500 € par enfant à charge. Si vous pouvez mettre davantage, vous sécuriserez davantage votre projet.

Maison neuve : un atout financier inattendu
En faisant construire votre maison, vous allez blinder votre reste à vivre. Logique : les logements neufs relèvent de la Réglementation environnementale 2020 depuis le 1er janvier 2022. Exigeant, cet ensemble de mesures très techniques renforce l’isolation et l’étanchéité tout en favorisant la conception bioclimatique et les énergies renouvelables. Résultat : la facture d’énergie de votre maison neuve va tourner autour de quelques centaines d’€ par an, soit quatre à cinq fois moins que l’ancien. De quoi garder une marge de manœuvre pour financer vos dépenses de transport, d’alimentation, etc.

Augmentez votre apport. Autre point qui compte : l’apport personnel. Si vous l’augmentez, vous pourrez consacrer un budget plus important à votre projet tout en gardant la même mensualité. Du coup, vous respecterez plus facilement la règle des 35 % de taux d’effort (vos remboursements ne peuvent pas dépasser 35 % de vos revenus). Vous pouvez également allonger la durée du crédit. Pour une même mensualité, vous empruntez davantage en restant les clous des 35 % de taux d’effort, même si votre crédit immobilier ne pourra pas dépasser vingt-cinq ans plus deux ans pour tenir compte du temps de chantier.

Pensez aux aides. Des coups de pouce financiers peuvent vous permettre de boucler votre plan de financement. A commencer par le Prêt à taux % (PTZ). Ce crédit gratuit est attribué sous conditions de ressources et se rembourse en tout ou partie après le crédit qui l’accompagne, ce qui augmente votre pouvoir d’achat immobilier. Si vous travaillez dans une entreprise de plus de dix salariés, vérifiez si vous pouvez obtenir le prêt action logement. Il peut atteindre 40.000 € et son taux est imbattable (0,5 % brut). Action logement distribue aussi sa Prime Accession de 10.000 €, un bon plan pour augmenter votre apport personnel.

Faites baisser le taux. Toujours en matière de crédit, vous pouvez négocier pour faire baisser son coût global. Si vous placez votre épargne chez la banque prêteuse, si vous lui achetez des services comme l’assurance multirisque habitation et les cartes bancaires, vous pourrez réduire votre taux. De quoi emprunter un petit peu plus ou rester plus facilement en dessous de 35 % de taux d’effort sans dépasser le plafond de vingt-sept ans de remboursement. Si vous choisissez une autre assurance-emprunteur que celle proposée par la banque (c’est permis par la loi Lagarde), vous diminuerez le coût de votre prêt.

Gardez des sous de côté. Pour prêter, les banques demandent une épargne résiduelle. Cette marge de manœuvre compte le plus souvent pour six mois de mensualité de crédit. Avec la flambée du prix des matériaux, mieux vaut prévoir davantage. Logique : les Contrats de construction comportent une clause d’indexation basée sur l’indice BT 01, qui mesure la hausse des coûts de construction. Comme ces derniers augmentent, vous pouvez être amené à remettre de l’argent dans votre projet, ce qu’il faut prévoir. Dans la même logique, de nombreux constructeurs conseillent de provisionner 2 à 3 % du prix de la maison.

Terrain : achetez plus petit. D’autres stratégies peuvent vous aider à concrétiser votre projet malgré la hausse des prix des matériaux et des énergies. Vous pouvez acheter un terrain plus petit, par exemple. Pour un même prix au mètre carré, vous le paierez moins cher. Si vous choisissez de vous éloigner des villes pour là encore dénicher une parcelle moins chère, veillez à garder un reste à vivre suffisant pour assurer les dépenses de transports, l’achat d’une deuxième voiture… Attention également aux questions de dynamisme du marché immobilier local. Vous devez pouvoir revendre dans de bonnes conditions le moment venu.

Modulez votre projet. La maison peut aussi servir de variable d’ajustement. Comme pour le terrain, vous pouvez faire construire un peu plus petit, ou encore réduire certaines prestations. Si vous optez pour des combles aménageables, vous ferez là encore des économies et vous transformerez ces espaces plus tard. Les maisons prêtes à finir sont a priori moins chères que les autres. Mais cette solution est à manier avec précautions : il faut bien s’organiser, avoir un minimum de connaissances techniques et choisir un constructeur capable de vous accompagner pour mener le projet à terme.

Un bon plan à ne pas négliger. N’oubliez pas les opérations maison plus terrain proposées par la majorité des constructeurs. Comme leur nom l’indique, elles intègrent la parcelle et la construction. Avec ces formules, vous gagnez du temps et vous profitez d’un prix optimisé. De plus en plus de constructeurs vous aident également à trouver votre crédit, notamment dans le cadre des formules maison plus terrain. Ils ont en effet conclu des partenariats avec des banques et/ou des courtiers en crédit. De quoi proposer des prêts à des conditions attractives et qui plus est spécialement adaptés à un projet de construction.

Attention aux prix trop bas ! Enfin, ne bradez jamais la qualité pour faire des économies. Certains opérateurs sans scrupules proposent des maisons aux prix anormalement bas. Logique : ils exercent sans garanties et sans assurance, s’affranchissent des règles professionnelles, rognent sur la qualité des matériaux et la main d’œuvre. Résultat : des maisons non conformes et une absence de recours en cas de problèmes. Mieux vaut faire appel à un professionnel qui a pignon sur rue, qui travaille sous le régime du Contrat de construction-loi de 1990. Pour en savoir plus, voir notre dossier : comment choisir votre constructeur.