Maison : cinq idées reçues sur la pollution intérieure

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Clichés, lieux communs, mauvaises habitudes… à l’approche des fêtes de Noël, l’association Qualitel revient sur la qualité de l’air intérieur pour démêler le vrai du faux. L’occasion de rappeler que la maison neuve s’est aussi emparée de la question notamment avec le label Intairieur®.

Allergies respiratoires, asthme, maux de tête, nausées... une mauvaise qualité de l’air intérieur peut occasionner de nombreux symptômes et mettre notre santé en danger. En cause : les particules, COSV (composés organiques semi-volatils) et autres polluants présents dans nos habitats, résultants de nos activités quotidiennes et des produits mis en œuvre pour la décoration et l’ameublement. Le confinement auquel nous expose l'isolation ultra performante de nos maisons augmente également le risque d'une atmosphère malsaine. A quelques semaines des agapes de fin d’année, l’Association Qualitel a jugé nécessaire de renouveler ses conseils pour conserver un air sain. Une piqure de rappel loin d’être superflue qui nous permet aussi de faire le point sur la question. 

1) L’air intérieur d’une maison ou d’un appartement est moins pollué que l’air extérieur
Faux. L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) révèle une concentration de certains polluants jusqu’à 10 fois plus importante à l’intérieur qu’à l’extérieur. De son côté, l’Association Santé Environnement France récence près de 900 substances chimiques émises dans nos maisons. Parmi les polluants, ceux issus du trafic routier, des combustions, de l’épandage de pesticides... mais aussi ceux résultant de nos gestes du quotidien (cuisine, bricolage, produits ménagers, parfums d’intérieur, fumée de cigarette...) qui contribuent à la pollution de l’air.
La solution : si l’aération est nécessaire, la ventilation est primordiale. Dans les maisons neuves les VMC (ventilation mécanique contrôlée) sont obligatoires. Leur objectif est de compenser l'étanchéité par un renouvellement d'air permanent. Performantes, elles intègrent des technologies innovantes et assurent une consommation énergétique minimale. Bémol, la qualité de leur installation laisse parfois à désirer occasionnant une diminution du débit d’air extrait. Une défaillance à laquelle entend remédier la RE 2020 en imposant notamment au constructeur le contrôle des pressions du système.

Mesurer la qualité de l’air
Pour connaître le niveau de pollution intérieur, il existe de nombreux capteurs de qualité d’air. Ces appareils suivent et affichent en continu la qualité de l’air et peuvent également mettre en évidence des pics d’émission. Ils mesurent la température, le taux d’humidité ou encore la concentration en CO2 (dioxyde de carbone), les teneurs en COV et les particules fines. Ces boîtiers couplés à la VMC accélèrent l’extraction de l'air viciée en dioxyde de carbone. Naturellement ils sont connectés à votre smartphone.

2) Il est possible d’avoir un air pur chez soi
Faux. Il est impossible de bannir tous les polluants de son logement, mais il est possible de les limiter en préservant sa santé à l’aide de bons réflexes. Près de 90 % des produits ménagers émettent en effet une substance cancérigène. En tout cas, parmi ceux testés par l’ADEME. Ils vous exposent à des composés organiques volatils (COV) comme le formaldéhyde, l’acétaldéhyde, l’acétonitrile, l’acétone et l’isopropanol.
La solution : opter pour des produits ménagers traditionnels tels que le vinaigre blanc, le jus de citron, le bicarbonate de sodium, les cristaux de soude, le savon de Marseille ou le savon noir qui minimisent les effluves nocifs. Pensez aussi aux systèmes (béton, plaques de plâtre, revêtements de sol) qui possèdent des capacités dépolluantes, autrement dit capables de capter la majeure partie des composés semi-volatils nocifs présents dans une pièce par photocatalyse (phénomène d’oxydation qui permet d’éliminer un grand nombre de polluants sous l’action de la lumière).

3) On estime qu’une maison neuve peut émettre des COV pendant cinq à sept ans
Vrai. L’air ambiant est plutôt de bonne qualité dans les maisons neuves à la livraison. Les deux grandes sources de polluants présents dans nos intérieurs, les particules et les COV (Composés Organiques Volatils) apparaissent en effet au moment de l’aménagement avec le ponçage des murs, la peinture, la décoration et l'ameublement.
La solution : privilégier l’utilisation de produits de second œuvre peu émissifs bénéficiant d’une étiquette A+ qui garantit une faible émission de polluants. Les revêtements de sol, de plafond, les cloisons de distribution, les portes- fenêtres comme les produits nécessaires à leur pose comme la colle et les enduits sont concernés. Les peintures ne sont pas en reste. Naturelles, elles sont biosourcées ne dégagent pas d’odeur ni de composé volatil. Dans leur version assainissante, elles sont capables de rendre inerte jusqu’à 80 % du formaldéhyde relâché par les matériaux de construction et objets du quotidien.

Un label pour la qualité de l’air
Lancé en mai 2021 par Immolab, le label Intairieur® vise à améliorer la qualité de l’air ambiant notamment dans les maisons neuves. Pour en bénéficier, les constructeurs doivent s’engager dans une démarche qualité allant de la conception de leur projet à sa livraison. Toutes les sources de pollution (mobilier, salle de bain, revêtements, peinture…) doivent être évaluées et des conditions d’aération optimales proposées. « Le dispositif doit ainsi permettre aux particuliers de pouvoir choisir leur logement en toute connaissance, avec la certitude que tout a été mis en œuvre pour préserver la qualité de l’air intérieur » indique-t-on chez Immolab.

4) Bougies, encens, parfums d’intérieur... : des senteurs agréables et sans danger qui purifient l’air de l’habitat.
Faux : Ces produits libèrent des particules et des Composés Organiques Volatils (COV) tels que du benzène ou du formaldéhyde, qui polluent l’air. Il est d’ailleurs recommandé de limiter leur utilisation, d’autant que ces polluants n’ont pas forcément d’odeur et qu’il est difficile de connaître leur concentration et leur potentiel impact sur les occupants.
La solution : dans le cadre du Plan d’action sur la qualité de l’air intérieur (PQAI), un décret portant sur les bougies et les encens impose un étiquetage de sécurité. Il doit ainsi informer les utilisateurs des bons gestes à effectuer lors de l’utilisation de ces produits (ventilation de la pièce après utilisation et absence d’inhalation directe de la fumée). Toutefois, il n’y a aucune obligation d’indication du nom des substances ou des émissions de COV du produit.

5) En cas de pic de pollution, il ne faut pas ouvrir les fenêtres
Faux. Au contraire, même en cas de pollution, il faut aérer son habitat. Le Haut Conseil de la santé publique recommande dans ces périodes, « de ne pas modifier les pratiques habituelles d’aération et de ventilation ». Les polluants extérieurs s’infiltrent à l’intérieur du logement et toutes les particules fines sont alors piégées entre les murs, en plus des polluants internes.
La solution : aérer 10 minutes chaque jour matin et soir, y compris l'hiver, a fortiori quand on reçoit du monde. Une aération plus prolongée, entre 15 et 30 minutes, évitera une augmentation de l'humidité ou la rétention d'allergènes et de produits chimiques polluants. Il est aussi possible d’automatiser l’aération en plaçant des capteurs dans la maison. Un niveau de polluants trop élevé ? Le système commande automatiquement l’ouverture d’une imposte en rez-de-chaussée et d’une fenêtre de toit à l’étage. L’effet cheminée ainsi créé générera un flux d’air qui évacuera les polluants indésirables vers l’extérieur.

VMC sous contrôle
Dans les maisons neuves, le renouvellement de l’air intérieur est assuré par la ventilation mécanique contrôlée ou VMC. Pour s’assurer de ses performances, elle sera contrôlée à l’achèvement de la maison. Cette nouvelle obligation est mise en place par la Réglementation environnementale 2020 (RE 2020), le texte qui encadrera la construction de logements au 1er janvier 2022. Succédant à la RT 2012, la RE 2020 mise sur l’efficacité énergétique, la décarbonation de la construction et des énergies et le confort d’été.