Les produits biosourcés mieux identifiés

Deux ans après sa création, le label Produit biosourcé a trouvé ses marques. Etape suivante : faire de cette démarche écologique un pilier de la construction responsable et décarbonée.

 

La stratégie de bioéconomie dans laquelle s’est engagée la France et le niveau d’exigence de la prochaine RE 2020 (réglementation environnementale 2020) qui prévoit notamment de faire des bâtiments neufs des « puits de carbone », attestent s’il le fallait de tout l’intérêt du jeune label « Produit Biosourcé ». Créé en 2017 à l’initiative de la société Karibati*, il a pour objectif de rendre plus lisible l’offre des produits de construction biosourcés (bloc de chanvre, laine de bois, ouate de cellulose...) en affichant leur composition et leur provenance.
Pour rappel, les matériaux biosourcés incorporent de la biomasse végétale ou animale. Ils sont ainsi renouvelables (en partie ou totalement), sains et, grâce au phénomène de photosynthèse à l’origine du développement du végétal qui les compose, stockent du CO2. Soulignons que les familles de produits où seul un composant initialement issu de la chimie du pétrole a été remplacé par une alternative biosourcée sont également concernées par le label.

Une réponse au défi environnemental. La démarche initiée par Karibati a pour but de promouvoir la vente et l’utilisation de produits biosourcés notamment dans le secteur du bâtiment. L’objectif est double : offrir une alternative aux produits dérivés des ressources fossiles pour promouvoir la construction bas carbone et trouver de nouveaux débouchés à la filière agricole. « Nous souhaitons sensibiliser les instances politiques et réglementaires afin que « le non-épuisement des ressources » (et pas seulement les économies d’énergie) devienne un critère à part entière », justifient les fondateurs.

Un label pour clarifier. La création du Label est aussi une réponse au manque de transparence des filières qui n’apportent aucune garantie sur la qualité des produits, entendez la quantité de matières premières issue de la biomasse intégrée, ni de leur provenance. « Nous souhaitons également éviter que le « biosourcé ne devienne un simple argument de vente ou une marque sans réelle démarche de fond », ajoute la société Karibati. « Il est impératif que tous les acteurs puissent s’appuyer sur de réels critères de fiabilité concernant le faible impact environnemental, la fabrication locale ou les performances techniques des matériaux labellisés. »

Une exigence de composition. Le label est basé sur un référentiel établi par Karibati et vérifié par le comité de pilotage composé notamment de maîtres d’ouvrage des différentes filières. Ce dernier fixe par famille de produits, un pourcentage minimal de matière première issue de la biomasse à intégrer au produit. Le produit doit être par ailleurs apte à l’usage c’est-à-dire relever soit de Règles professionnelles, d’un Avis Technique, d’une Evaluation Technique Européenne ou encore d’une norme. Enfin, il doit disposer d’une FDES (fiche de déclaration environnementale et sanitaire) consultable sur la base Inies.

Quels produits labellisés ? Deux ans après son lancement le label compte plus d’une douzaine de produits labellisés. Il s’agit essentiellement de matériaux destinés à l’isolation thermique composés a minima de 85 % de matière biosourcée (chanvre, coton, lin, ouate de cellulose…) et bénéficiant du marquage Filière française garantissant ainsi une production et une transformation française. D’autres labellisations devraient voir le jour sous réserve de validation du comité suite à la procédure d’audit. Karibati estime le volume potentiel de produits aptes à être labellisés à 150, répartis entre isolants, béton biosourcé préfabriqué ou non, produits de revêtement/peintures et systèmes dits complets (comme les parois). Pour plus d’informations, www.produitbiosource.fr

Pousse verte.
Karibati fait partie de la GreenTech Verte, incubateur du ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer et du Réseau National d’Accompagnement (RNA) du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Elle accompagne les acteurs privés et publics qui innovent grâce aux matériaux biosourcés pour le bâtiment.
Karibati associe « kari » qui signifie « jardin » en maori et « bâti ». Difficile de ne pas y voir une référence aux îles Kiribati menacées par le réchauffement climatique.

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