Les maisons passives pionnières de la RE 2020

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Les maisons passives n’auront aucun mal à se conformer aux exigences de la Réglementation environnementale, la RE 2020, effective depuis le 1er janvier 2022. Ces habitations qui consomment très peu d’énergie pour le chauffage ont, en outre, une faible empreinte carbone grâce à l’emploi du bois.

 

Les maisons passives ont toujours eu un temps d’avance sur les législations ! Les premières habitations passives françaises labellisées, construites en 2006, étaient déjà conformes à la réglementation thermique, la RT 2012, qui s’est appliquée aux permis de construire de 2013 à 2021 ! Et la Réglementation environnementale, RE 2020, entrée en vigueur le 1er janvier 2022, ne fait pas exception à la règle. La très grande majorité des maisons passives sont en effet conformes à ce nouveau texte de loi et dépassent bien souvent les exigences réglementaires. Le secret de cette réussite ? Sobriété énergétique, efficience énergétique et sobriété carbone.

Econome en énergie. Une maison passive consomme très peu d’énergie, soit 15 kWh/m².an consacrés au chauffage, une consommation trois plus faible que celle autorisée par la RE 2020. C’est grâce à une conception bioclimatique très pointue que les besoins de chauffage sont diminués en maximisant les apports de chaleur gratuits, que ce soit les rayons du soleil et les apports internes comme le fonctionnement des appareils électroménagers (four, ordinateur). « Dans un bâtiment passif, 70 % des apports de chaleur gratuits doivent couvrir les besoins de chaleur », explique Clément Castel, gérant du bureau d’études Energelio, spécialisé dans le passif.

Bien orientée. L’orientation des pièces de vie au sud doit être privilégiée, l’isolation des parois est renforcée pour limiter les pertes de chaleur. Sans oublier l’installation de baies vitrées et autres fenêtres dotées d’un triple vitrage et non d’un double vitrage, un produit habituellement choisi par les constructeurs. L’étanchéité à l’air, qui fera l’objet d’un test avant la livraison à l’acquéreur, est aussi très soignée. Cette dernière contribuant à minimiser la consommation énergétique nécessaire au chauffage en diminuant les entrées d’air parasite qui surviennent à la jonction des murs et des ouvertures. « La conception de l’étanchéité est plus poussée en passif. Les entreprises utilisent notamment des produits spécifiques comme une bande d’étanchéité et non la réalisation d’un joint silicone pour traiter l’étanchéité de la fenêtre avec le mur », précise Clément Castel.

Efficience énergétique. Les maisons passives sont toutes dotées d’une ventilation mécanique double flux qui récupère 90 % de la chaleur de l’air intérieur extrait pour chauffer l’air neuf entrant. A la clé un air à 18 °C qui est insufflé dans les pièces de la maison permettant de se passer d’un mode de chauffage. Une résistance électrique positionnée sur chaque bouche d’air réchauffe l’air entrant pour fournir l’apport nécessaire. Une solution performante qui est cependant proscrite par la RE 2020. Mais les constructeurs de maisons passives ne sont pas démunis pour autant. Ils peuvent par exemple opter pour un système compact, composé d’une VMC double flux, d’une micro pompe à chaleur assurant le chauffage et l’eau chaude sanitaire et d’un ballon de 200 l. Un équipement déjà installé dans certaines maisons passives.

Abritée de la chaleur. Le confort d’été qui fait l’objet d’exigences renforcées avec la RE 2020 est déjà une réalité pour les occupants des maisons passives. « Nous sommes d’ores et déjà conformes à la RE 2020 », déclare Clément Castel. De nombreuses protections solaires comme les brise-soleil orientables, les casquettes, installées sur les façades les plus exposées, bloquent le soleil l’été. La VMC double flux contribue, elle aussi, au confort estival. L’été, l’air intérieur extrait qui est plus frais rafraîchit l’air neuf entrant. La chaleur extérieure est aussi freinée par l’isolation renforcée du bâtiment. Sans oublier l’inertie de la construction, plus cette dernière est importante, plus la chaleur est emmagasinée longtemps avant de se diffuser progressivement. Une chape en béton assurera une bonne inertie. Autre solution : une chape sèche composée de panneaux de gypse peut être aussi réalisée sur le sol.

Sobre en carbone. Grande nouveauté par rapport à la RT 2012, la précédente réglementation thermique, les émissions carbone des matériaux de construction et des équipements de la maison sont désormais plafonnées. La diminution du CO2 sera progressive avec trois échéances jusqu’en 2030 pour laisser le temps aux constructeurs et industriels de se préparer. Le bois, qui représente 70 % des constructions certifiées passives, a une longueur d’avance car il stocke du carbone pendant sa croissance.

Biosourcés adoptés. Le premier jalon 2022-2025 ne posera aucun problème aux maisons, quel que soit le mode constructif utilisé : briques, parpaings, bois. Mais la donne changera à partir de 2025. « Les maçonneries en parpaings et briques devraient pouvoir passer, mais ce sera plus difficile », prévient Clément Castel. « Il sera en revanche indispensable de renforcer la part des isolants biosourcés et de prévoir des menuiseries en bois. La toiture-terrasse ne pourra plus être construite en béton, mais en bois. » Des exigences qui ne devraient pas pénaliser les constructeurs bois, déjà adeptes des isolants biosourcés comme la ouate de cellulose ou la fibre de bois.