Les isolants biosourcés à l’affût de la RE 2020

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Le secteur des matériaux biosourcés espère doubler sa part de marché dans les isolants grâce à la RE 2020. Une réglementation qui impose une réduction des émissions de gaz à effet de serre aux maisons neuves en 2022.

 

Et si les matériaux biosourcés allaient être les grands gagnants de la RE 2020 ? C’est l’espoir que caresse l’Union des industriels de la construction biosourcée (UICB) qui rassemble tous les acteurs du marché. Ces professionnels misent en effet sur cette nouvelle réglementation, effective en 2022, qui a pour objectif la diminution des consommations énergétiques et la réduction des émissions de gaz à effet de serre de la construction (GES). Sans oublier un meilleur confort d’été.

Le carbone stocké. Trois objectifs qui, selon l’UICB, sont à portée de main de ces matériaux puisque ces derniers améliorent l’isolation thermique tout en limitant leur empreinte carbone. Ils stockent en effet du CO2 pendant leur croissance. L’utilisation des biosourcés est d’ailleurs encouragée par le ministère de la transition écologique pour atteindre les objectifs fixés en termes de réduction des GES.

Plus de confort l'été. Ces matériaux contribuent également au confort d’été grâce à leur déphasage important : leur capacité à stocker longtemps la chaleur avant de la restituer progressivement évitant ainsi la surchauffe dans les pièces. L’UICB rappelle que les biosourcés représentent en effet une véritable solution pour se passer de climatiseurs qui sont installés dans les maisons neuves quelque temps après la livraison des biens. A la clé une consommation énergétique qui croît avec le fonctionnement de ces appareils alors que la réglementation thermique a justement pour objectif de rendre les logements neufs plus sobres en énergie !

Produire plus et moins cher. Pour satisfaire la demande qui devrait croître, la filière du biosourcé, forte de dix unités de productions réparties sur le territoire français, investira pour doubler sa capacité de production d’ici 2025. « Nous espérons doubler la part de marché des isolants biosourcés qui passera de 10 % à 20 % dans cinq ans », annonce Olivier Joreau, président de l’UICB. Cette croissance de la production permettra de diminuer leur prix de vente qui est plus élevé que celui des isolants traditionnels comme la laine de verre. « Nous espérons atteindre un point d’équilibre avec le prix des autres matériaux dans quelques années », annonce l’UICB qui précise que les prix des biosourcés ont d’ores et déjà baissé de 25 % depuis dix ans.

Une conception différente. Outre une baisse du prix, le développement du biosourcés dans la maison neuve passera aussi par une préparation plus pointue des chantiers. Il faudra par exemple adapter l’architecture de l'habitation aux spécificités des matériaux biosourcés. Les artisans devront être aussi formés aux techniques de pose dont les préconisations diffèrent de celles des isolants traditionnels. « Nous sommes là pour accompagner la montée en compétences des entreprises », déclare un représentant de l’UICB qui note que certains artisans se sont spécialisés dans la pose des matériaux biosourcés. Un savoir-faire qui pourrait être, pourquoi pas, valorisé par la création d’un label, s’interroge cette structure professionnelle.