Des terrains qui sortent du lot

Où en est le marché des terrains en lotissement ? Quels sont les atouts de ces opérations dites groupées ? Comment vont-elles évoluer à l’heure de la densification et de la lutte contre l’étalement urbain ? Les réponses de François Rieussec, président de l’Union nationale des aménageurs (Unam).

On les appelle terrains en lotissement. Ils sont vendus par des professionnels, les aménageurs, qui préfèrent parler d’opérations aménagées. Les signes particuliers de ces parcelles ? Elles sont livrées prêtes à bâtir. Le bornage est réalisé, tout comme la viabilisation (raccordement aux réseaux, assainissement, etc.). L’acquéreur bénéficie d’un délai de rétractation de dix jours, ce qui n’est pas le cas avec les terrains en diffus, vendus par des particuliers. Au-delà de leurs caractéristiques, ces terrains évoluent. Leurs prix restent stables tandis que leur taille diminue. Surtout, les aménageurs sont confrontés à de nombreuses difficultés pour les produire alors qu’ils sont de plus en plus appréciés par les particuliers qui font construire. Le point sur la question avec François Rieussec, président de l’Union nationale des aménageurs (Unam).

Construiresamaison.com : Comment le marché du terrain à bâtir aménagé se porte-t-il ?
François Rieussec : actuellement, ces parcelles comptent pour environ un quart des mises en chantier de maisons individuelles, contre 60 % en 2006. Une chute due à la grave pénurie de foncier constructible, qui constitue la matière première des aménageurs. Autre contrainte : les opérations sont aussi longues que complexes à monter avec des règles d’urbanisme toujours plus strictes, des recours contre les permis d’aménager toujours plus nombreux… Pour des projets d’aménagement complexes, il faut souvent plus de six ans pour créer une opération.

Côté prix, où en sont les terrains groupés ?
Avec le manque de foncier et des délais toujours plus longs, le mètre carré augmente. Pour préserver le pouvoir d’achat des candidats à la construction, les surfaces diminuent. Résultat : la parcelle moyenne est passée de 1.200 à 500 m² en une douzaine d’années tandis que les prix, sur cette période, se sont stabilisés autour de 80.000 € moyen. Un niveau qui permet aux familles de faire construire puisque leur budget tout compris (foncier, maison, frais annexes) tourne autour de 220/250.000 €. Cela dit, la fourchette de prix est plutôt large, puisqu'elle varie le plus souvent de 50.000 € l'unité en secteur périurbain à plus de 200.000 € en première couronne des grandes agglomérations.

Les particuliers acceptent bien ces surfaces plus petites ?
Bien sûr ! Ces parcelles leur permettent de concrétiser leur projet. Elles cadrent avec les modes de vie d’aujourd’hui. Les particuliers ne veulent plus passer tous leurs week-ends à tondre ! Autre atout : elles sont plus proches des secteurs urbanisés, ce qui facilite les déplacements et maintient la valeur du patrimoine.

Les terrains aménagés, c’est écolo ?
Oui. Ils permettent de contrôler l’étalement urbain, dans le cadre d’opérations maîtrisées, mixtes avec du social et du petit collectif, et raccordées aux agglomérations. L’aménagement permet la gestion des eaux de pluie grâce à des ouvrages spécifiques comme les noues paysagères. Largement plantés, les nouveaux quartiers aménagés participent à la lutte contre les îlots de chaleur urbains. Ils favorisent la biodiversité. Il y a trente fois plus d’espèces vivantes dans une haie d’essences variées que dans un champ cultivé !

Côté pratique, quels sont les atouts des terrains aménagés ?
Un nouveau quartier aménagé maîtrise la forme urbaine pour l’avenir, le voisinage et donc la valorisation future. Toujours constructibles, les parcelles sont livrées viabilisées et bornées. Les aménageurs travaillent en amont avec les constructeurs pour créer des terrains spécialement adaptés aux maisons neuves d’aujourd’hui. Ils insistent sur l’information des particuliers en fournissant toujours les études de sols qu’ils réalisent lorsqu’ils créent leurs opérations. Ils garantissent la surface de leurs terrains au mètre carré près. Entre autres exemples…

Comment les opérations de terrains aménagés vont-elles évoluer ?
Les pouvoirs publics anticipent un objectif européen « zéro artificialisation des sols » d’ici 2050. Du coup, les aménageurs travaillent sur le recyclage du foncier, sur la reconstruction de la ville sur la ville, tout en profitant des opportunités encore disponibles. L’idée, c’est de densifier, de mêler maisons individuelles, maisons en bande, petits collectifs, espaces verts, mode de circulation doux… Pour y parvenir, les aménageurs collaborent avec des équipes pluridisciplinaires composées de sociologues, d’urbanistes, d’architectes, de paysagistes, de bureaux d’études. Et ça marche !

Quelques conseils pour les candidats à la construction ?
Envisager le projet de manière globale, en prenant en compte tous les coûts et autres frais annexes. Ne jamais oublier que c’est la maison qui s’adapte au terrain et pas l’inverse. Et toujours penser à la revente en choisissant un bon emplacement.

Unam, mode d’emploi
L’Union nationale des aménageurs (Unam, ex-Snal) représente les aménageurs fonciers privés. Outre la défense de leurs intérêts et l’amélioration de la profession (avec notamment sa charte éthique), l’Unam participe à l’élaboration des lois régissant l’urbanisme, l’aménagement, la fiscalité… www.snal.fr

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