Crédit immobilier : une question d'assurance

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Comment choisir la bonne assurance de prêt au meilleur coût ? Les réponses d’Emilie Ruben, responsable marketing et communication chez Securimut.

Pour accorder un crédit immobilier, les banques ont besoin d’être rassurées sur votre capacité à rembourser. C’est la raison d’être des critères de crédit. Par exemple, vous ne pourrez pas consacrer plus de 35 % de vos revenus au paiement de votre emprunt. Très « ceinture et bretelles », les banques vont aussi vous imposer la souscription d’une assurance décès-invalidité. Elle prendra l’emprunt en charge si un accident ou une grave maladie vous empêchent de travailler, donc de percevoir les revenus nécessaires au remboursement de votre dû. Reste que cette protection ne doit pas se choisir à la légère, tant en termes de coût que de garanties. Les conseils d’Emilie Ruben, responsable marketing et communication du spécialiste de l’assurance emprunteur Securimut.

Construiresamaison.com : l’assurance de prêt, c’est obligatoire ? 
Emilie Ruben : Juridiquement non, mais les banques l’imposent. Pour l’emprunteur, c’est une sécurité en cas d’aléa grave de la vie. L’assurance prend le relais des remboursements, ce qui permet à la famille de garder sa maison. Mais avec des taux bas, l’assurance proposée par les banques (contrat groupe) peut dépasser le montant total des intérêts. Pour faire baisser ce cout global du crédit, la meilleure solution reste la délégation d’assurance, autrement dit le recours à un assureur extérieur à la banque prêteuse.   

Quels sont les avantages de la délégation ? 
Par rapport au contrat groupe des banques, la délégation permet de gagner l’équivalent de 0,50 % de taux. Et les garanties, individualisées, sont plus performantes. Si la délégation est permise depuis 2010 par la loi Lagarde, de nombreuses banques sont réticentes, leur contrat groupe leur offrant de belles marges. Résultat : elles informent mal les emprunteurs, certaines les dissuadent de déléguer, d’autres font traîner les choses ou ne répondent pas. Et l’emprunteur, qui ne veut pas perdre son prêt, finit par accepter le contrat groupe... 

Comment contourner l’inertie des banques ?
Si la banque est réticente, mieux vaut négocier le crédit, puis faire jouer la loi Hamon pour changer d’assurance, à tout moment la première année du crédit. Passé ce délai, l’emprunteur bénéficie d’un droit de substitution annuel. Dans tous les cas, la banque n’a pas le droit de modifier le crédit ou de facturer des frais, mais l’emprunteur devra présenter un contrat équivalent en termes de garanties. L’idéal, c’est de confier un mandat de délégation à un assureur spécialisé qui prendra les formalités en charge. 

Quelques conseils pour les emprunteurs ? 
Passer les garanties au crible. Il faut bien regarder les garanties Incapacité temporaire de travail et invalidité. Un contrat « forfaitaire » permet une meilleure prise en charge et mieux vaut opter pour un contrat qui couvre l’incapacité à exercer « sa profession » et non pas « toute profession » qui suggère une reconversion possible... Actuellement, certaines banques cherchent à imposer l’assurance perte d’emploi alors qu’elle est chère et peu protectrice. Pour déjouer ces pièges, l’emprunteur a intérêt à se faire accompagner par un spécialiste de l’assurance.