Construction : l’incroyable succès de la maison neuve

Publié par -

Très motivées par la maison neuve, profitant d’excellentes conditions de financement, de plus en plus de familles posent leur première pierre. Et les ventes des constructeurs s’envolent !

La construction de maisons individuelles est en pleine forme. Sur les quatre premiers mois de 2021, les ventes bondissent de 61,6% par rapport à la même période de 2020 révèle l’indicateur Cegibat/Markémétron/Caron Marketing rendu public le 22 juin lors d’une conférence de presse de la Fédération française du bâtiment (FFB). Cette envolée pourrait tenir d’un simple effet statistique. Après tout, le premier quadrimestre 2020 a été marqué par un confinement brutal qui a bloqué toute l’économie, y compris la construction de maisons. Mais les ventes des quatre premiers mois de 2021 sont supérieures de 17,3% à celles la même période de 2019, autrement dit bien avant la crise !  

Excellent. Toutes les régions sont logées à cette même enseigne de la croissance. Les Hauts-de-France se détachent : lors du premier quadrimestre 2021, les ventes explosent de 112,2% par rapport à la même période de 2020 ! Dans les autres régions, la hausse varie de 47 à 75%. Seules PACA et la Corse se démarquent, avec une progression inférieure à 20%. Si le marché suit ce rythme, 125.000 voire 130.000 ventes pourraient être enregistrées cette année sur la France entière, contre 115.000 en 2020 et 120.000 en 2019.

Confinement. Ce succès tient d’abord aux conséquences de la période hors du commun que nous venons de vivre. La maison reste la forme d’habitat la mieux adaptée au confinement. Aménager un bureau pour y télétravailler est bien plus facile. Le jardin apporte cette touche de verdure qui a tant manqué aux citadins lorsqu’ils étaient coincés chez eux. Le neuf y ajoute un habitat personnalisé voire sur mesure, très économe en énergie (les maisons neuves sont forcément classées A ou B sur le diagnostic de performance énergétique).

Financement. Si le marché va bien, c’est aussi grâce à de très bonnes conditions de financement. Les taux restent proches de leurs plus bas niveaux. Le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), le gendarme du crédit, a assoupli les conditions bancaires fin 2020 en portant le taux d’effort de 33 à 35% des revenus, la durée maximale passant de vingt-cinq à vingt sept ans pour tenir compte de la période de chantier dans le neuf. Les banques peuvent déroger à ces règles dans 20% des cas ; elles ne se sont pas privées de le faire.

Intéressant. Surtout, pour de nombreux ménages, la maison neuve reste la forme d’habitat la plus compétitive du marché. Elle revient en moyenne à 255.000 € (villa de 120 m² avec terrain de 930 m²) selon une étude du ministère de la Transition écologique. C’est grosso modo le prix d’un apparemment neuf de trois pièces chez un promoteur en deuxième couronne d’une agglomération. Quant à l’ancien, il est a priori moins cher. Mais le rénover pour lui offrir le même niveau de confort que le neuf coûte plus cher que la construction…

Arrangeant. Le marché est soutenu par bien d’autres facteurs. Des milliers de familles bouclent leur budget construction grâce au PTZ, la principale aide à l’accession à la propriété. De leur côté, les constructeurs multiplient les solutions pour faciliter les projets de leurs clients. Entre autres exemples, ils les aident à trouver leur parcelle et leur emprunt, ils proposent des opérations terrain plus maison eux prix optimisés, ils prennent toutes les formalités en charge (permis de construire et études thermiques notamment).

Assombrissement. La hausse des ventes peut aussi s’expliquer par un effet d’anticipation. Le 1er janvier 2022, la Réglementation environnementale 2020 (RE 2020) succèdera à l’actuelle RT 2012. Très exigeante, cette RE 2020 va faire grimper les prix. Des ménages bien informés ont sans doute accéléré leur projet pour éviter les surcoûts. D’autres ont pu faire de même sachant que la lutte contre l’artificialisation des sols engagée par l’Etat et les collectivités locales va à l’avenir raréfier l’offre de terrains et faire monter leurs prix. Deux phénomènes qui pourraient faire baisser les ventes dès l’an prochain…