Comment gérer l’eau de pluie sur son terrain

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Les eaux de pluie de votre maison doivent être gérées sur votre parcelle. Une obligation légale pour éviter la saturation des réseaux d’assainissement. Gros plan sur les solutions les plus utilisées.

 

Finie l’époque où les eaux pluviales des maisons étaient rejetées directement dans le réseau d’assainissement de la commune ! Les schémas départementaux d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) imposent la gestion de ces eaux à la parcelle. Une obligation que hélas toutes les villes ne respectent pas ! Mieux vaut donc se renseigner en mairie pour connaître les exigences concernant le traitement des eaux pluviales.

Lutter contre la pollution des rivières. La gestion des eaux à la parcelle devrait pourtant s’affirmer comme une priorité tant les enjeux environnementaux sont importants comme le rappelle Maëlle Ancelle, directrice de l’association Adopta qui milite auprès des collectivités locales pour le développement de pratiques alternatives pour gérer les eaux pluviales : « L’imperméabilisation des sols forme des volumes d’eau importants qui saturent les réseaux d’assainissement entraînant inondations et débordements des eaux usées et pluviales dans les rivières. Il faut désormais gérer les eaux de pluie à la parcelle. C’est d’autant plus important que nous devons nous adapter au réchauffement climatique. Les eaux doivent pouvoir s’infiltrer dans le sol pour recharger les nappes phréatiques ».

Etude de sol indispensable. Le choix de la solution sera défini par le bureau d’études du constructeur. L’hydrogéologue effectuera plusieurs sondages pour identifier la nature du sol et évaluer sa perméabilité, c’est-à-dire sa capacité à infiltrer l’eau. Ce technicien devra tenir compte de la réglementation locale comme le Plan local d’urbanisme (Plu) ou le Plan prévention risques inondations (PPRI) et de la position géographique de la maison, certaines régions telles que le Sud étant sujettes aux épisodes pluvieux intenses. Pour dimensionner les ouvrages, il inclura toutes les surfaces imperméabilisées comme la toiture, la terrasse, la voirie qui détermineront la quantité d’eaux pluviales à gérer. À l’issue de son étude, l’hydrogéologue proposera une solution.

La réalisation des allées se fera à la fin du chantier.

Une cuve en béton ou en PVC. L’installation d’une cuve en béton est conseillée si l’infiltration des eaux pluviales est impossible sur la parcelle. Il est alors nécessaire de stocker l’eau dans une cuve dont le débit sera réduit avant d’être évacué vers le réseau pluvial de la commune, un cours d’eau voire un fossé. Un terrain en pente est parfaitement adapté à cette cuve qui sera enterrée à une profondeur d’1,50 m, l’eau s’évacuant naturellement par gravité. Mais dans le cas d’une parcelle plate, cette citerne n’est pas adaptée. Une cuve souple sera placée dans le vide-sanitaire de la maison. « Nous recommandons de plus en plus ce produit qui ne nécessite pas de travaux de terrassement », constate Alix Guillot.

Le puits d’infiltration. Il s’agit d’un ouvrage d’un diamètre et d’une profondeur moyenne de 3 m. Un tampon assurant l’accès du puits sera ensuite posé. Cette option sera proposée sous condition d’une capacité d’infiltration suffisante en profondeur et d’une absence de nappe.

Travaux : mode d’emploi
Les travaux nécessaires à l’infiltration des eaux à la parcelle comme un puisart ou une tranchée doivent figurer dans le contrat de construction de maison individuelle (CCMI) que vous signerez avec votre constructeur. Cette prestation fait généralement partie des travaux réservés qui sont chiffrés par le constructeur. L’acquéreur fait le plus souvent appel au terrassier de ce dernier pour réaliser l’ouvrage, validé par le service urbanisme de la mairie. Le puisart ou la tranchée seront réalisés lors du second œuvre de la maison (peinture, isolation, plomberie…).

La tranchée d’infiltration : il s’agit d’un ouvrage d’infiltration à plus faible profondeur (dimensions variables pouvant aller de 2 à 40 m de long). Son remplissage peut être adapté en fonction des volumes d’eau à stocker (galets, buses perforées ou casiers alvéolaires). Il sera mis en place sous condition d’une infiltration suffisante à faible et moyenne profondeur entre 1 et 2 m.

La noue. C’est la solution la plus naturelle et la moins chère qui soit ! Il s’agit de créer une petite dépression de 60 cm de profondeur moins profonde mais plus large qu’un fossé. « Nous conseillons de la réaliser en limite de propriété à proximité d’une haie qui favorisera l’infiltration des eaux pluviales », suggère l’hydrogéologue. La noue est privilégiée dans le cas où ni l’infiltration des eaux à la parcelle, ni l’évacuation vers le réseau pluvial de la commune ou un cours d’eau ne sont possibles.Il faudra choisir des végétaux résistants pouvant se passer d'eau pendant plusieurs mois.

Les allées perméables. Autre possibilité : opter pour des dalles engazonnées ou du béton à résine drainante qui facilitent l’infiltration naturelle de l’eau. Autre avantage non négligeable, vous aurez moins chaud l’été car la chaleur ne s’accumulera pas dans ces revêtements contrairement au macadam.

Combien ça coûte ?
Les prix dépendent non seulement de la solution choisie mais aussi du relief du terrain et de son accessibilité. Comptez entre 1.000 et 3.000 € en moyenne pour un puits ou une tranchée d’infiltration. Une cuve en PVC enterrée de 3 m3 coûtera, quant à elle, entre 1.000 et 2.000 € contre 300 à 500 € pour l’acquisition d’une cuve souple qui sera placée dans le vide-sanitaire. Ces prix indicatifs n’incluent pas la pose.     

Choisir la bonne place
Dans le cas d'une tranchée ou d'un puits d'infiltration, ces ouvrages devront être implantés à l'aval de la maison et suffisamment éloignés des fondations. De même, les puits situés dans les descentes de garage restent à proscrire car ils sont à l'origine de sinistres affectant les fondations.