Assurance crédit : objectif économies

Impossible d’emprunter sans souscrire une assurance de prêt. Pour autant, vous n’êtes pas obligé de prendre celle de la banque. En vous tournant vers un assureur extérieur, vous réduirez les coûts sans fragiliser votre financement. Conseils de spécialiste pour mener cette affaire à bon port.

Vous empruntez pour financer votre projet de construction ? Pour vous accorder votre crédit, les banques vous imposent la souscription d’une assurance décès-invalidité. Elle va prendre le relais des remboursements en cas d’aléa grave de la vie (accident générant une impossibilité de travailler par exemple). Cette assurance a un coût, qui doit être vu comme un investissement dans la sécurité. Les tarifs tournent autour de 0,30 % du montant emprunté pour un ménage de moins de trente-cinq ans non fumeur. Et plus le risque est élevé (âge, maladie, type de profession, santé, etc.), plus le prix de l’assurance emprunteur grimpe. Pour autant, il est possible de réduire cette dépense sans fragiliser le financement. Comment ? Plutôt que de souscrire l’assurance des banques prêteuses (leur contrat groupe), vous pouvez faire appel à un assureur indépendant. Comment ça marche ? Les réponses d’Emilie Ruben, responsable marketing et communication du spécialiste Securimut (Groupe Macif).

Construiresamaison.com : Avec la loi Lagarde, les emprunteurs peuvent choisir un autre assureur que celui de la banque prêteuse. Connaissent-ils cette délégation d’assurance ?
Emilie Ruben : De plus en plus d’emprunteurs savent qu’ils ont le droit de choisir une assurance déléguée. Mais ils n’ont pas forcément conscience de l’intérêt de la démarche. Au moment du crédit, ils ont tendance à se focaliser sur le taux d’intérêt au risque de négliger les autres aspects. Du coup, ils souscrivent l’assurance des banques (contrat groupe) alors qu’une délégation permet de gagner jusqu’à 0,50 % sur le Taux annuel effectif global du crédit (TAEG, taux tout compris). La délégation offre aussi de meilleures garanties, plus personnalisées. Et ses modalités d’indemnisation sont souvent plus favorables que celles des contrats des banques.

Les banques acceptent-elles facilement la délégation ?
Elles réalisent de belles marges sur leur contrat groupe et tiennent à les conserver. Du coup, elles informent mal les emprunteurs, voire les dissuadent de déléguer. Elles peuvent aussi faire traîner les choses, voire ne pas répondre. Et l’emprunteur, qui ne veut pas perdre son prêt, doit accepter l’assurance de la banque dans un premier temps, même si cette option lui coûte plus cher. L’objectif reste en effet d’obtenir le crédit pour financer la maison neuve.

Comment faire pour déléguer son assurance emprunteur ?
L’emprunteur prend l’assurance de la banque et obtient son prêt immobilier. Puis il fait jouer la loi Hamon. Elle lui permet de changer d’assurance quand il le veut dans l’année qui suit la signature, le mieux étant de ne pas attendre. Pour ce faire, il doit se plier à de nombreuses formalités. Il doit aussi trouver une nouvelle assurance qui présente a minima les mêmes garanties que le contrat de la banque prêteuse. Pour lui éviter les démarches, il nous confie un mandat de délégation et nous nous chargeons de toutes les formalités auprès de la banque, qui ne peut pas refuser, sauf exception.

Un dernier conseil pour les emprunteurs ?
En matière d’assurance, il faut bien examiner les garanties et leur fonctionnement. Car toutes ne marchent pas de la même façon et n’ont pas les mêmes conséquences. Il faut par exemple savoir si l’assurance couvre « la profession » de l’emprunteur ou « toutes les professions ». Dans le premier cas, si l’emprunteur ne peut plus exercer son métier, il est couvert. Mais dans le second, l’assurance pourra estimer qu’une reconversion est possible et ne paiera pas. Se faire accompagner par un spécialiste de l’assurance permettra d’être conseillé pour faire les bons choix.

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