© Marc Loiseau
La maison individuelle garde la cote. La preuve ? L'an dernier, cent quatre-vingt-seize mille cinq cents maisons à construire ont été achetées en secteur diffus, en hausse de 8 % par rapport à l'année précédente. Et si, selon l'Insee, la maison n'a jamais quitté la ville au sens où elle représente 50 % des logements dans une unité urbaine de plus de trois mille habitants, elle s'est vue montrée du doigt comme consommatrice d'espace et responsable de l'étalement urbain.
Le retour de la maison de ville
Ces critiques n'ont pas découragé les candidats à la construction. Mais sous l'influence de divers facteurs, la demande a évolué. La hausse du foncier a joué sur la taille du terrain. Celle du carburant pousse les particuliers à se rapprocher des pôles d'activité. Par ailleurs, le Grenelle de l'Environnement avec ses objectifs de réduction des émissions de CO2 commence à être pris au sérieux.
Résultat : « la maison n'a plus forcément vocation à être implantée loin de tout, au milieu d'un terrain pour que l'on puisse en faire le tour. Elle peut tout à fait se situer en milieu urbain ou périurbain. Elle peut être jumelée tout en bénéficiant d'un petit jardin », explique Sylvain Massonneau, directeur général de Tradimaisons et membre de la commission Jeune Constructeur au sein de l'Union des maisons françaises.
Exemple de réalisation
© Marc Loiseau
Pour construire en ville, il faut le plus souvent densifier afin de minorer la charge foncière individuelle. Certes, il existe parfois des opportunités uniques comme cette maison de ville de 108 m² habitables réalisée en plein centre historique de Saintes (17) par Maisons Ericlor, sur une surface au sol de 56 m².
Elle a d'ailleurs remporté la médaille d'Or de la catégorie Maison de ville et le prix spécial du jury au dernier Challenge des maisons innovantes, le concours d'idées de l'Union des maisons françaises (UMF). « Une réalisation emblématique et techniquement difficile, mais qui montre que la maison ne doit pas déserter la ville et qu'elle peut tout à fait apporter espace et intimité, même dans un secteur où le tissu urbain est étroit et dense », commente Dominique Lavallée, président de Maisons Ericlor.
Hormis ce clin d'oeil original, la maison de ville ne peut guère faire cavalier seul si elle veut rester abordable pour l'acquéreur. La maison de Saintes affiche en effet un prix de 205 000 € HT pour 108 m². Ce qui n'est pas à la portée de toutes les bourses.
- La maison : un bien de première accession
« La maison est à 60 % un bien de première accession », reconnaît Dominique Lavallée.
- Les maisons de ville : appréciées des communes
« Les communes veulent des maisons en bande pour avoir des familles mais aussi pour éviter que ne se reproduisent les phénomènes de copropriétés dégradées subis par certains grands immeubles collectifs », commente Olivier Piron, consultant auprès de l'UMF.
- Derniers conseils
Environ 25 % des acquéreurs de maisons individuelles font construire en secteur urbanisé sur un terrain en diffus, c'est-à-dire vendu par un particulier. Un chantier qui ne s'improvise pas.
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