Crédit immobilier : dix clés pour doper votre budget construction

Des taux d'intérêt historiquement bas, un solide dossier de financement, des aides financières augmentées : autant de solutions qui vous permettent d'emprunter davantage sans alourdir vos remboursements.

Faire construire, c’est payer le terrain, la maison, les frais annexes... L’addition peut vite grimper. Heureusement, vous disposez de nombreuses solutions pour boucler votre budget dans d’excellentes conditions. Vous pouvez même augmenter votre pouvoir d’achat tout en conservant une mensualité de crédit adaptée à vos revenus.

1●Profiter de la baisse des taux. Les taux d'intérêt des crédits immobiliers n'ont jamais été aussi bas. En août 2016, la moyenne hors assurance pour les crédits sur vingt ans s’établit à 1,75 % selon le courtier Empruntis.com, contre 2,70  en août 2015 et 3,50 % en août 2013.

Conséquence de ce plongeon : vous empruntez davantage sans alourdir votre mensualité. Avec un crédit à 1,75 % sur vingt ans et un remboursement de 1.000 € par mois, vous empruntez 202.376 € et vous payez 37.624 € d’intérêts. Avec le taux d’août 2015 (2,70 %), vous auriez obtenu 185.288 € et vos intérêts seraient montés à 54.712 €.

Autre avantage de la baisse des taux : vous respectez plus facilement la barre des 33 % de capacité de remboursement (vos échéances ne doivent pas dépasser le tiers de vos revenus mensuels). Ce qui vous donne davantage de chances d'obtenir votre prêt. Pour un crédit de 150.000 € sur vingt ans à 1,75 %, la mensualité est de 741 €. Un emprunteur qui gagne 2.230 € par mois peut décrocher ce crédit. En août 2015, avec un taux à 2,70% et le même capital, la mensualité serait montée à 810 €. Des revenus mensuels d’au moins 2.430 € net auraient été nécessaires.

2●Rassurer la banque. Plus un dossier de prêt est solide, plus la banque est encline à accorder un bon taux. Ce qui la rassure : une situation financière stable, des comptes bancaires sans découvert, peu de prêts à la consommation, un saut de charge (la différence entre votre loyer actuel et votre mensualité de crédit) raisonnable, un reste à vivre (la somme qu’il reste une fois l’échéance de prêt payée) suffisant, une capacité d’épargne.

A noter : les banques apprécient les maisons bâties sous le régime du Contrat de construction loi-de 1990, le régime le plus sécurisant puisqu’il inclut une garantie de livraison à prix et délais convenus. Elles préfèrent financer les projets conduits avec des constructeurs financièrement solides et réputés pour la qualité de leur production. En insistant sur tous ces points, la banque sera davantage disposée à vous proposer un taux compétitif.

3●Augmenter votre apport personnel. Les établissements financiers peuvent accorder des prêts qui financent 100 % de votre maison. Mais dans l'idéal, mieux vaut placer de l’apport personnel dans votre projet. Il doit couvrir au minimum les dépenses annexes, notamment les frais de notaire pour l'achat du terrain. Un bon apport (20 % du projet) permet d'obtenir un bon taux d'intérêt.

Pour constituer un apport ou l’augmenter, pensez à la solidarité familiale (donations, crédits familiaux). N’oubliez pas que certains financements aidés (le prêt à taux 0 % ou PTZ, le prêt Action-Logement, etc.) sont constitutifs d’apport personnel. Vous pouvez aussi débloquer la participation aux bénéfices de votre entreprise.

4●Utiliser les aides financières. Vérifiez si vous avez droit au PTZ. Réservé aux familles qui font construire pour la première fois, ce crédit finance 40 % de la maison. Il est gratuit, ce qui allège vos charges financières donc renforce votre pouvoir d’achat. Distribué par toutes les banques, il est attribué sous conditions de ressources. Près des trois quarts des Français peuvent en bénéficier. Depuis le 1er janvier 2016, le PTZ+ est renforcé : hausse des montants accordés, assouplissement des critères d'obtention, remboursements optimisés. 

N’oubliez pas les Prêts conventionnés (PC) et les Prêts à l’accession sociale (PAS) qui ouvrent droit, sous conditions de ressources, à l’aide personnelle au logement (APL). Cette dernière vient réduire vos mensualités. Autres coups de pouce : les prêts distribués par Action-logement, les crédits spécial fonctionnaires, les aides des collectivités locales…

5●Négocier les frais de dossier. Ils peuvent atteindre 1% du capital emprunté. Vous pouvez les diminuer, voire les supprimer. Un établissement qui souhaite conquérir de nouveaux clients sera plus enclin à les diminuer voire à vous les offrir. Ne soyez pas trop exigeant : mieux vaut payer quelques centaines d’euros de frais de dossier pour garder un taux et une assurance très compétitifs.

6●Faire jouer la concurrence. Toutes les banques ne pratiquent pas les mêmes conditions de crédit. Certaines accordent des rabais sur les taux de leurs emprunts immobiliers pour attirer de nouveaux clients. En d’autres termes, obtenir un bon taux, donc améliorer votre pouvoir d’achat, passe par la mise en concurrence des banques.

Une tâche que vous pouvez confier à un intermédiaire spécialisé, le courtier. Il vous aidera à bâtir un bon dossier et le présentera aux banques. Il ne vous restera plus qu'à choisir la meilleure proposition. Vous pouvez aussi vous adresser aux banques spécialisées dans le financement immobilier ou frapper à la porte des constructeurs. Nombre d’entre eux ont conclu des partenariats avec des banques, ce qui facilite l’obtention de votre prêt.

7●Souscrire un prêt longue durée. Pour une même mensualité, plus le remboursement s’allonge, plus vous empruntez. Avec une échéance de 1.000 € et un prêt à 1,55 % sur quinze ans, votre crédit atteint 160.515 €. A 2,00 % sur vingt-cinq ans et la même mensualité, vous empruntez 235.930 €. Dans le premier cas, les intérêts s’établissent à 19.485 € et montent à 64.070 € dans le second. La formule vous permet aussi de diminuer votre mensualité à capital emprunté équivalent. Du coup, vous respectez plus facilement la règle des 33 %.

8●Négocier les pénalités de remboursement anticipé. La plupart des contrats de prêts comportent une pénalité en cas de remboursement anticipé, avant la fin du crédit. Elle représente généralement 3 % des capitaux restant dus dans la limite de six mois d'intérêts.

Cette pénalité est négociable, même si les banques tordent le nez à l'idée de la réduire. N’hésitez  pas à demander la suppression de la pénalité si vous comptez revendre votre bien ou si vous êtes certain de bénéficier d’une importante rentrée d’argent à moyen terme.

9●Acheter des produits à la banque. Selon certains courtiers, les emprunteurs qui achètent des produits d’épargne ou qui souscrivent leur multirisque habitation auprès de la banque prêteuse peuvent bénéficier de réduction sur leur taux d’intérêt. Evoquez ce point lors de vos négociations.

10●Déléguer son assurance de prêt. Lorsque vous empruntez, vous devez souscrire une assurance décès-invalidité. Vous pouvez choisir la police proposée par votre banque. Tarif moyen : 0,35 % du capital emprunté.

Vous pouvez opter pour la délégation d’assurance. Elle permet de se faire assurer par un autre assureur. Les tarifs peuvent être divisés par deux. Depuis le 26 juillet 2014, les emprunteurs peuvent, grâce à la loi Hamon, changer pendant les douze mois qui suivent la signature de leur contrat de crédit immobilier.

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